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lundi 8 octobre 2007

L'humanité n'est pas toujours ce qui est beau. Certains des pires assassins sont beaux. L'humanité n'est pas toujours ce qui sonne joliment et flatte l'oreille, car n'importe quel aboyeur de foire peut charmer un serpent, mais certains aboyeurs ne sont pas des plus humains. Une personne fait preuve d'humanité quand elle est là si vous avez besoin d'elle, quand elle vous héberge, quand elle a une parole réconfortante venue du cœur, quand elle vous fait sentir que vous n'êtes pas seul, quand elle fait sienne votre lutte. Voilà ce qu'est l'humanité, si vous voulez le savoir. Et si nous en avions un peu plus en ce monde, nous pourrions peut-être nous sortir du sac d'embrouilles dans lequel nous sommes... ou tout au moins cesser de porter ce sac tout droit en Enfer, comme nous le faisons depuis si longtemps.

Un aboyeur de foire anonyme

(Dean Koontz)

mercredi 3 octobre 2007

案山子から案山子へ渡る雀哉
kakashi kara / kakashi e wataru / suzume kana

d’épouvantail
en épouvantail volent
les moineaux
SAZANAMI

mardi 11 septembre 2007

Freak ! Super Freak !

Alain Dister et Jean-François Bizot (1944-2007)

Comme quoi on peut être s'intéresser à tout, être intéressant, rendre les choses intéressantes...
Merci Mr Bizot ;o)

mercredi 27 juin 2007

C'est juste le fruit d'une imagination fertile... (?)

J'ai fini la (re)lecture de 1984 le roman écrit par G. Orwell en 1948 (tu vois, 1948->1984, 48->84 !!).

L'auteur imagine un pays au régime totalitaire idéalisé et dirigé par Big Brother, le chef du Parti, en s'inspirant du stalinisme et du nazisme mais en 1984.

Il y a partout où on peut des affiches avec une photo du Big Brother et l'avertissement "Big Brother vous regarde" ou des slogans du Parti.

Les gens sont surveillés tout le temps à travers un "télécran", des espions et des contemporains à la dénonciation facile. Leurs faits et gestes sont sous contrôle ainsi, et surtout, que leurs pensées.
Ce télécran diffuse aussi, jour et nuit des programmes, des messages et des musiques choisies par le parti. Par exemple, le matin les gens sont réveillés par leur télécran qui impose aussitôt de faire des mouvements de gymnastique, la journée, entre deux chansons il y a un flash d'infos pour louer les valeureux soldats qui ont été encore une fois victorieux sur l'ennemi...
C'est une société de pénurie qui est en guerre tout le temps (ou peut-être pas).
Les gens peuvent se défouler pendant les minutes ou la semaine de la haine, contre un ennemi/traître au régime Goldstein que choisi le parti. Ils vont dans une salle, et l'image apparaît sur un écran. Les gens sont obligés de crier des insultes et de cracher sur l'écran. Des espions sont dans la salle, celui qui n'est pas convainquant dans ça haine peut être embarqué...

Le héros du roman c'est Winston. Il commence à se poser des questions, de douter de l'existence même de Big Brother ou de son ennemi juré Goldstein, des guerres... Il a conscience qu'il peut être "vaporisé" (éliminé) à tout moment. Il a pour métier la correction de l'histoire, c'est-à-dire que par exemple si Tartampion était décrit dans les livres d'histoire ou dans les journaux (officiels) comme un grand ami du peuple, donc de Big Brother, et loué pour cela et puis qu'un jour il n'est plus en odeur de sainteté, Winston et ses dizaines de collègues ont pour mission de corriger les vieux journaux en éliminant l'existence du type ou en en faisant un ennemi éternel. Les gens se souviendront peut-être de Tartampion en bien mais au moment d'argumenter les preuves seront modifiées...
Il faut aussi corriger les prévisions du Parti comme par exemple les chiffres de prévision de fabrication de lacets : on avait prévu 1000 mais comme la réalité (??) c'est peut-être 500, on corrige la prévision à 500 ou 400... pratique... Le parti a aussi des machines qui produisent automatiquement à la chaîne des romans, des chansons "bonnes" pour le peuple et aussi le matériel porno censé être interdit...

Enfin il y a le Novlang, à savoir la langue inventée par le parti pour les productions officielles qui deviendra la langue de tous les jours pour tous. Sa particularité : tandis que certaines langues s'enrichissent de nouveaux mots pour décrire un monde et des pensées de plus en plus compliqués, le novlang a pour but de réduire le nombre de mots à l'essentiel pour éviter la nuance et surtout pour que toute réflexion soit découragée/éliminée.
Que les gens croient ce que dit le Parti n'est pas suffisant, il faut qu'ils en fassent leur vérité. Si le Parti dit que 2+2=5, c'est ça, c'est pas ce qu'on te fait croire... c'est ce qui est... il n'y a pas d'autre réponse possible... il y en a jamais eu.

Ce n'est que de la fiction ! Ça n'existe pas. Personne est surveillée, personne a envie de dénoncer personne, personne ment... tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil...
En lisant ce livre on joue à se faire peur.... hum... restons vigilants quand même...

C'est un livre à lire, surtout en ces temps de resucée de Loft Story (de chateau de la Star Ac', de Nice Popole et des Fuckataires) avec Secret Scorie. Ça fait un carton d'audience. C'est un concept inventé par les gars d'endemole qui a pour nom original BIG BROTHER. Les gens sont si lobotomisés, leur cerveau est tellement disponible qu'ils ne connaissent plus la valeur des mots et des concepts. Ou alors ils s'en foutent... Peut-être qu'il faudrait une émission appelé Goulag ou gestapo pour scandaliser ces téléspectateurs abrutis (oui je choisi ce mot) à moins que...
Ah oui, je me souviens, quand y avait Putain-Express sur la 6 les candidats avaient l'habitude d'insulter les autochtones parce qu'ils étaient chinois ou russes et que malgré toute leur bonne volonté, ne comprenant pas la langue, ne savaient pas comment aider ces touristes (touristas ?) qui jouaient à ce faire peur. "Qu'est ce qu'ils sont cons !" râlaient les candidats malheureux. Personne s'offusquait. Il a fallut qu'ils maltraitent des chèvres ou mangent du chien pour que ça se scandalise dans les chaumières et que la SPA réagisse. Faut maltraiter des bêtes ! Des chiens ou des chats de préférence...


Quant à moi, comme tu peux le deviner, je fais un rejet physique, je peux pas voir ces conneries.

J'étais parti d'un chez d'oeuvre et je termine en parlant de détritus. Il y a pourtant des liens. On a juste remplacé "télécran" par "chaîne commerciale". Je suis injuste ?
Hmmm La télé doit être l'appareil électroménager qui reste aussi longtemps allumé que le frigo. Ça passe des pubs pour te dire ce qu'il faut acheter, choisi dans l'actualité ce qui doit être important à retenir (le Moyen-Orient plutôt que le Darfour, le mauvais temps plutôt que l'économie...), ça diffuse des séries aux histoires archétypes qu'on dirait écrites par un programme informatique, pareil pour la musique... que de la soupe à de rares exceptions près. Ils ont le pouvoir de fabriquer puis de brûler une idole... bref... c'est fait pour louer de la place de cerveau disponible aux publicitaires... c'est pas loin de 1984... Sauf qu'il n'y a pas un seul Big Brother mais plusieurs Small Brother qui ont intérêt à diviser, "créer" des ennemis communs...
Il n'y a pas que la télé mais c'est un bon véhicule pour diffuser consciemment ou pas une certaine forme de propagande...

J'exagère peut-être. Les gens ont le choix de ne pas regarder... il y a une liberté de penser... de s'instruire (en occident en tous cas)... contrairement à ce qui se passe dans le pays de Winston... malheureusement ils exercent très peu ce choix...

samedi 16 juin 2007

L'Or l'a ruiné

J'ai fini la lecture de L'Or de Baise Cendrars. Je me souviens l'avoir parcouru quand j'étais au collège. J'avais d'ailleurs eu une très mauvaise note à l'interro. À l'époque je ne lisais que des BD ou du Stephen King... Depuis, je lis toujours (quand je peux) du King mais d'autres choses que mon cerveau n'était pas assez mature pour apprécier à l'époque...

L'Or raconte, de façon romancée, l'histoire du (vrai) Général Sutter. John Sutter était en Suisse mais écrasé par les dettes et poursuivi par la justice il a quitté femme et enfants pour l'Amérique. Là-bas il a grimpé les échelons (d'apprentis à homme d'affaires fortuné) il a parcouru l'Amérique de long en large et est devenu l'un des hommes les plus riches des (tout récents) États-Unis. Il devient propriétaire d'une grande parcelle de terre (où se trouve aujourd'hui San Francisco). Il prospère encore et toujours. A des employés et des esclaves. Des élevages et des usines... puis un jour l'un de ses employés découvre une pépite d'or sur l'une de ses terres. L'affaire s'ébruite et la découverte de l'or alimente l'espoir de tous ceux qui veulent faire fortune, les employés de Cutter d'abord. Ils l'abandonnent. Toute ses terres, ses usines... deviennent des ruines. Sutter est dépassé. Il n'a pas pris part au rush. Plus personne ne respecte son autorité. Sa propriété. Il est isolé. Il est ruiné. L'or l'a ruiné.

C'est une histoire vrai romancée, certes, mais à la fois pleine d'espoir et tragique...

La vie quoi.

lundi 28 mai 2007

Tout se disloque. Le centre ne peut tenir.
L’anarchie se déchaîne sur le monde
Comme une mer noircie de sang : partout
On noie les saints élans de l’innocence.
Les meilleurs ne croient plus à rien, les pires
Se gonflent de l’ardeur des passions mauvaises.


Extrait de The Second Coming un poème écrit par Yeats en 1919

mercredi 23 mai 2007

Fait moral, bizarre, mais vrai

Lu dans Le Père Goriot de Balzac (p.33)

"Elle" c'est "Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui, depuis quarante ans, tient à Paris une pension bourgeoise établie rue Neuve-Sainte-Geneviève, entre le quartier latin et le faubourg Saint-Marceau."

L'une de ses clientes vient de partir sans payer.

[Madame Vauquer] parlait souvent de cette déplorable affaire, en se plaignant de son trop de confiance, quoiqu'elle fût plus méfiante que ne l'est une chatte; mais elle ressemblait à beaucoup de personnes qui se défient de leurs proches, et se livrent au premier venu. Fait moral, bizarre, mais vrai, dont la racine est facile à trouver dans le coeur humain. Peut-être certaines gens n'ont-ils plus rien à gagner auprès des personnes avec lesquelles ils vivent; après leur avoir montré le vide de leur âme, ils se sentent secrètement jugés par elles avec une sévérité méritée; mais, éprouvant un invincible besoin de flatteries qui leur manquent, ou dévorés par l'envie de paraître posséder les qualités qu'ils n'ont pas, ils espèrent surprendre l'estime ou le coeur de ceux qui leur sont étrangers, au risque d'en déchoir un jour. Enfin il est des individus nés mercenaires qui ne font aucun bien à leurs amis ou à leurs proches, parce qu'ils le doivent; tandis qu'en rendant service à des inconnus, ils en recueillent un gain d'amour-propre: plus le cercle de leurs affections est près d'eux, moins ils aiment; plus il s'étend, plus serviables ils sont. Madame Vauquer tenait sans doute de ces deux natures, essentiellement mesquines, fausses, exécrables.

mercredi 18 octobre 2006

Lu | Vu | Entendu

LU
  • J'ai lu qu'une dose modérée de café peut pousser un individu à dire plus facilement "oui"... J'y penserai la prochaine fois que j'aurais un RDV galant ;o)
  • J'ai lu dans Science & Vie que "d'ici 2100, de 50 à 90% des [7000] langues parlées actuellement auront disparu." Non, pas au profit de l'anglais. Les langues sont vivantes. Elles vont s'adapter, changer, fusionner, se scinder, se transformer, comme cela a été le cas les siècles derniers.
VU
  • Les premiers épisodes de la 3ème saison de Lost. Enfin des réponses !!
  • Les premiers épisodes d'une nouvelles série Eureka... une ville imaginaire où les habitants ont des Q.I. super-développés et où c'est la science qui gouverne. Ça casse pas 3 pattes à un canard mais y a un peu d'humour, quelques effets spéciaux... bref c'est gentil.
  • La vie de Bryan une parodie de la vie de Jésus des Monty Python. Une des premières scènes c'est le discours de Jésus et les gens du fond n'entendent rien, comprennent tout de travers et demandent à ce qu'il parle plus fort. Comme ils en on marre ils vont assister à une lapidation...
Entendu
Ain't No Other Man le nouveau tube de Christina Aguilera. C'est des samples avec tchucatchuc et des paroles simplettes mais c'est bougrement efficace pour faire tapoter du doigt sur le volant et en rythme :-)

lundi 9 octobre 2006

Qui a tué Daniel Pearl ?

Ayé j'ai fini la lecture du bouquin de BHL (Bernard-Henri Lévy) sur Daniel Pearl.

Daniel Pearl était un journaliste du Wall Street Journal en reportage en en Asie du Sud (Inde, Pakistan voire Afghanistan...). Il voulait en savoir plus sur Richard Reid, un anglais qui a essayé de prendre un avion en destination de Miami avec les semelles de ses godasses bourrées de matériel explosif. Il a été égorgé en février 2002.

Daniel Pearl était juif-américain et avait de la famille en Israël. D'habitude c'est pas le genre d'information importante mais, il était à un endroit où être juif, américain et en plus avoir des liens avec Israël te transforme, aux yeux de certains, en Satan vivant. D'après ce que dit BHL, Daniel était [énervant tellement il était] parfait. Il faisait bien sont boulot, était curieux par nature en plus de par métier, avait un esprit ouvert, était tolérant, intègre, respectueux, drôle... un gars parfait.


Lors de sont enquête sur Reid il a été repéré par un groupe militant de gens qui lui ont tendu un piège. A la tête de ce groupe il y avait Omar Sheikh. Omar est un anglais d'origine pakistanaise. Il a vécu les premières vingtaine d'années de sa vie à Londres. il a étudié à l'école publique où il était un bon élève. Il participait a des tournois d'échecs et de bras de fer. Il était ouvert, tolérant, respectueux, drôle... un gars parfait.

Et puis il s'est engagé en Bosnie, et il a changé. Il s'est fait des contacts avec des filiales de Al Qaeda et d'autre groupes et leur solution pour faire pression sur l'occident était de kidnapper des gens. C'est tombé sur Daniel qui en plus était juif, et américain, et avait de la famille en Israël. Ils se sont filmés en train de l'égorger et ont fait circuler la vidéo sur le net. (je la fais courte)

D'après le bouquin Omar était un agent des services secrets du Pakistan. Ayant des connaissances en economie et finance très poussées, il aurait aussi tradé des actions pour Bin Laden à la veille du 11/09/2001 en prévision de la chute des cours...
On se demande même si ces "services" étaient pas derrière l'attaque au WTC en joint-venture avec Al-Qaeda. Sur wikipedia, il est dit que le Président Pakistanais écrit dans son dernier livre que Omar était en fait dans le M16 (les services secrets britanniques) qui l'ont envoyé en Bosnie... C'est un personnage très flou cet Omar.

Je t'ai parlé de ces 2 personn(ag)es, intéressants, passionnants... et le livre de BHL ?

J'ai bien aimé le style FPS (First-person Shooter comme le jeu Quake) de BHL : "j'ai rencontré un tel... je suis allé à tel endroit... j'ai vu la maison qui ressemble à celle du crime... un tel me dit ceci mais je sens qu'il me ballade... j'ai peur... je sais pas si c'est vrai... ce que me dit çui-la est énorme mais j'ai pu confirmer avec d'autres gens..."

Sur le fond, je sais pas, je peux pas vérifier. Je dis ça parce que beaucoup de critiques à ce livre disent que c'est bricolé, qu'il a rien compris que c'est pas vrai. Je sais pas, c'est crédible en tous cas. Peut-être que ces critiques s'ils sont si au courant devraient mouiller la chemise pour faire la lumière et démêler les fils...

lundi 26 juin 2006

Un Etranger dans la ville

Dans ma quête de savoir littéraire je viens de terminer la lecture de 2 romans d'Albert Camus : L'Etranger et La Peste.
J'avais déjà lu La Peste quand j'étais au collège. J'en avais un bon souvenir. C'est l'un des livres que j'ai aimé les plus lire...
L'Etranger en revanche, j'en avais entendu parler mais je n'en ai pas eu l'occasion.
Chose faite.

C'est l'histoire d'un héros, Mersault, non héroïque. Il joue pas le jeu de la société.
L'histoire commenceà l'enterrement de sa mère. Il ne pleure pas, ne montre aucune émotion, est plus gêné par la chaleur que par le départ définitif de celle qui l'a mis au monde. A aucun moment on a d'explication, enfin si, parce que... c'est comme ça.
Le lendemain, de retour en ville, Mersault sort avec une fille, au restau puis au ciné pour voir un film comique avec Fernandel...
Peut-être qu'il réalise pas encore sa disparition, peut-être qu'il ne l'aimait pas, peut-être... peut-être...

Mersault habite dans un immeuble et se lie d'amitié pour Raymond, un mac, son voisin. Mersault, va l'aider à se venger de sa régulière... lui tendre le piège... sans émotion ! D'ailleurs sa copine à lui, Mersault dit ne pas l'aimer, ça change rien, il veut juste coucher avec...

Un dimanche, Raymond et un couple de ses amis, invitent Mersaultet sa copine à passer la journée à la plage. Raymond est sur ces gardes parce que les frêres de la fille qui a été "humilié" le cherchent pour la venger...il est même armé...

Ils vont les trouvers... se provoquer... et basta... et puis vers 14 heures, Mersault va faire un tour seul, il a récupéré l'arme de Raymond... il marche vert l'un des frêres de la fille... la chaleur... la fièvre... on ne sait quelle pulsion... et Mersault lui a tiré dessus... 5 balles !

A son procès les défenseurs vont surtout user de l'argument "Il n'a pas pleuré le jour de l'enterrement de sa mère, quel sans coeur..."

Il a été condamné à mort.

L'histoire est racontée par Mersault, on le vit de l'interieur...

Quand j'ai fini de lire L'Etranger, je me suis dit bof... c'est pas un chef d'oeuvre... et puis en y réfléchissant... à ce qui est dit et surtout ce qui ne l'est pas... je trouve que c'est l'un des livres les plus édifiants que j'ai lus... en plus c'est écrit simplement... les phrases coulent... c'est un poison dans du sucre... Camus a réussi à me prendre dans ça logique... c'est vrai... finallement... à quoi bon jouer le jeu...

«...J'ai résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale : 'Dans notre sociéte tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort.' Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tenté de le considérer comme une épave. Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir.
[...]
...On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L'Étranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. Loin qu'il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenance l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité. Il m'est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j'avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l'aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l'affection un peu ironique qu'un artiste a le droit d'éprouver a l'égard des personnages de sa création.»
A. Camus. 1955. Éd. de la Pléiade


Dans la série des héros non-héroïques, Rieux, Tarrou, Grand, Rambert... dans La Peste... 194* Oran, bloqué par la peste... des centaines de morts par jour, toute une ville fermée, à réorganiser en attendant le remède et que tout se calme... On a pas attendu S. King pour faire peur... et surtout réfléchir sur notre de modèle de socièté, sur comment chacun peut faire quelque chose pour tous... surtout, c'est très ressemblant à ce qui attend les grandes villes si la grippe aviaire devient humaine et dengeureuse...

C'est encore une fois, écrit simplement... les phrases coulent vers soi...

Albert Camus, en voilà un écrivain comme il en manque/en faut... simple, profond, bon vivant...

mercredi 14 juin 2006

"On est puceau de l'horreur comme on l'est de la volupté."

Hey Cher Lectrice/teur

Ça faisait un baille que j'étais pas venu par ici. Pour une raison simple, je n'avais pas grand chose à dire, ou la paresse pour l'écrire...

Aujourd'hui je vais te parler de ce que j'ai lu ces derniers temps. C'est en janvier de cette année que j'ai commencé à lire pour de vrai, des romans surtout, des classiques en priorité, parce que, j'avoue, j'étais, et je le suis toujours, inculte de ce côté là. Il m'arrive de lire un livre par semaine, c'est une boulimie, il faut que je lise de 1 à 100 pages par jour. Le temps ? Je le grignote dans le superflue.

Je vais te parler de mon cycle : livres rudes. J'ai commencé avec "Si c'est un homme" de Primo Lévi, j'ai continué avec "Voyage au bout de la nuit" de Céline, "De Sang Froid" de Truman Capote, et le enfin, celui que j'ai terminé il y a une semaine, "Mort à Crédit" de Céline encore.

Certains initiés se demanderont comment je peux aligner ces titres de façon à les rendre si équivalents. Ils ne s'équivalent pas ces livres. Ils se complètent, proposant, chacun à sa façon un portrait des Humains.

Comment j'ai pu parler dans la même ligne, sur le même plan de Primo Lévi et de Céline ? Là encore, c'est des humains, le premier, Juif, qui fut enfermé dans un camp de concentration, le dernier, ouvertement antisémite et raciste.

"Si c'est un Homme"

Pendant quelques temps, avant de prendre le livre en main, avant de voir le titre original "Se questo è un uomo" je me suis interrogé sur son sens, essayant de l'interpréter avec "Oui c'est un homme" ou "Si d'aventure, c'est un homme". Si j'en déduis de l'italien, c'est la deuxième solution. Mais je crois que la première convient aussi : "oui c'est (ce sont) un (des)homme(s) qui a (ont) vécu cette horreur", "oui c'est (ce sont) un (des) homme(s) qui a (ont) décidé et mis en place cette horreur"

"Si c'est un homme" raconte l'expérience des camps d'extermination des Juifs, vécue par Primo Lévi, un Juif Italien, pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été arrêté en 1944, en Italie, alors qu'il débutait des activités de résistant, dans un groupe très peu organisé. Il est envoyé à Auschwitz, dans un camp de travail. Ce récit m'a horrifié. On met, autant faire ce peut, des mots sur les horreurs vécues par ces victimes. Il le raconte sous la forme de rapport, sans émotion explicite, mais on la sent latente. Chaque aspect est décrit avec précision. La nourriture, les soins, la toilette, le travail, l'organisation. Il en sort la faim, le froid, la déshumanisation, l'humiliation... oui l'humiliation. Non seulement on allait assassiner ces prisonniers, mais avant, on tentait, je dis bien "tentait" parce que certains résistaient, de leur ôter toute humanité, tout amour-propre, toute dignité... un effacement complet de la personne. Avec un tel témoignage, écrit en 1947, on se dit plus jamais ça ! et pourtant, Amnesty Internationale dénonce tous les ans, la situation dramatique des droits de l'homme dans certains pays, même ceux dits civilisés.

Un livre à lire, relire, faire lire absolument, pour ne pas oublier.

"De Sang Froid"

Je l'ai lu après avoir vu le film sur la vie de Capote au moment où il a écrit ce roman-fiction.Truman Capote était un journaliste-écrivain qui travaillait pour le New Yorker, très mondain, maniéré, homosexuel et, je pense, totalement éloigné du commun des mortels. Un jour de 1959, en lisant le New-York, il est tombé sur un fait divers, publié sur une petite colonne : 2 hommes tuent une famille entière au Kansas sans mobile apparent. Capote va se lancer dans une enquête rigoureuse sur place, un endroit à la mentalité totalement différente de celle de New-York. Il décrit chaque victime, leur vie avant le drame, leurs liens, leurs passions... il raconte l'environnement, la ville elle-même, ses habitants... toujours aussi minutieusement, puis enfin, il rencontre les 2 tueurs, 2 jeunes à la vingtaines, récemment sortis de taule... qui sur des tuyaux fumeux, sont allés chercher de l'argent liquide dans la maison de cette famille alors qu'ils n'avaient pas de liquide à la maison... n'ayant aucun butin, l'un d'eux, s'est dit "chiche" et les as tués un par un. Le père, le fils plus jeune, la fille, et la mère... Capote a le don de tout replacer dans son contexte, examiner, décrire minutieusement les protagonistes, leur histoire, leur environnement et surtout la non-mobile du crime. Bah oui, le tueur avait joué les durs en prison, inventé un meurtre qu'il avait pas commis, quand son associé lui a suggéré "chiche" il les a tués, de sang froid, laissant une tripotée d'indices... Capote s'est "dangereusement" entiché du plus jeune du duo, le meurtrier. Celui-ci "écrivaillait" des poèmes, se ventait de connaître des mots, corrigeait le langage de son partenaire. Il a joué sur la corde sensible avec Capote, espérant éviter la potence...

"Voyage au bout de la nuit" et "Mort à Crédit"

Céline est un cas. "Louis-Ferdinand Destouches, plus connu sous son nom de plume Louis-Ferdinand Céline, généralement abrégé en Céline, (né le27 mai 1894, à Courbevoie, et décédé le 1er juillet 1961, à Meudon), est un écrivain et un médecin. Sa pensée nihiliste est teintée d'accents héroïcomiques et épiques emplis d'une force et d'une vivacité inouïes. Controversé, essentiellement pour ses écrits antisémites (pamphlets), publiés entre 1937 et 1941 - réimprimés pendant l'occupation -, il n'en demeure pas moins un écrivain majeur de la littérature française pour le reste de son œuvre, plus particulièrement ses romans." [Wikipedia]

"Voyage au bout de la nuit" a été son premier vrai roman, il y raconte les aventures de Ferdinand Bardamu. Il s'inspire de son expérience pendant la Première Guerre Mondiale. Les aventures de Bardamu à la guerre, en Afrique, aux U.S.A., en banlieue parisienne en tant que médecin. C'est d'une richesse ! Surtout, ce qui emporte tout c'est le style. Il écrit à la première personne avec un langage parlé et imagé. Ce style a inspiré Audiard et San Antonio... Ça glisse tout seul. C'est un type qui te raconte, dans le détail son histoire, que ça te plaise ou non, sans fanfaronnade, sans héroïsme... il avait qu'une seule envie pendant la guerre, se faire emprisonner, être à l'hôpital, loin... Il est anti-guerre, antinationaliste, anti-connerie et pourtant... il a écrit les pamphlets les plus violents de l'histoire de l'anti-sémitisme et du racisme !

Dans "Mort à Crédit" même style, toujours inspiré de sa vie, de son enfance surtout. C'est cruel, comme le Voyage. J'ai entendu des gens dire qu'ils n'arrivent pas à lire ses romans parce qu'ils sont haineux... c'est vrai, si tu restes en premier plan, la première impression c'est qu'il n'y a aucun amour... et puis je sais pas, peut-être je suis le seul, on y trouve de la tendresse. Comme les bougons très durs qui s'effondrent en larmes dès qu'on leur fait un compliment... "Mort à Crédit", a une apparence haineuse, mais en fait l'enfant est terriblement malheureux. Ses parents lui attribuent la cause de tous leurs malheurs. Ça crie, ça cogne, ça chiale... il ne peut que se raidir et/ou faire le con... en révolte... mais la fin... la fin sauve tout... cet être si rude, méchant presque, d'apparence insensible, se brise en mille morceaux, c'est l'une des fins de livre les plus émouvantes que j'ai jamais lu.

Je ne comprends pas, comment un type avec se talent, cette vue, cet esprit ai pu être si haineux envers les juifs, les étrangers... c'est incompréhensible...

Citations :

"La guerre en somme c´était tout ce qu'on ne comprenait pas. Ça ne pouvait pas continuer. Voyage au bout de la nuit (1932)

Si vous voulez vraiment vous débarrasser des Juifs, alors, pas trente-six milles moyens, trente-six mille grimaces : le racisme !... Racisme ! et pas un petit peu, du bout des lèvres, mais intégralement ! absolument ! inexorablement ! comme la stérilisation Pasteur parfaite... Qu'ils crèvent tous d'abord, après on verra. Bagatelle pour un massacre (1937)" [Wikipedia]

Ce type pose une question essentielle : lorsqu'on aime une oeuvre, doit-on aimer son auteur ? Est-ce que si, Hitler peignait des toiles merveilleuses, on pourrait les aimer, les acheter, les admirer ?... et Wagner ?

C'est dérangeant. Comme si tu hésitais à aller cueillir une fleur poussant au centre d'un champ de purin... la décision est à chacun...